WORLD SURFING GAMES DE 2017: Biarritz n’a pas submergé les «Lions»!

Parmi les quatre «Lions» en lice aux World Surfing Games de Biarritz de la semaine écoulée, trois ont pu franchir le 2e tour alors qu’un a atteint le 3e tour. Symbole d’une entame de compétition mondiale en seniors plus que réussie pour le novice Sénégal.

En 2008, aux Mondiaux juniors de surf à Hossegor et Capbreton dans le littoral français, le Sénégal faisait son entrée dans la cour des grands avec des résultats plutôt mitigés et prometteurs à la fois pour l’avenir. Babou Guèye et Yoann Boyer avaient été les ambassadeurs sénégalais d’alors.

Du 20 au 28 mai dernier, les «Lions» renouaient avec ce tournoi d’envergure universelle mais cette fois-ci dans la catégorie réservée aux seniors. Avec les bons et séduisants résultats que l’on sait. En effet si Babou Guéye (seul rescapé mondialiste), Assane Mbengue et Chérif Fall ont vu leurs planches se limiter au 2e tour, Thierno Samb par contre a pu atteindre le 3e tour d’une compétition où 47 pays étaient engagés pour plus de 300 riders. Dont des monstres sacrés de la planche.

Résultats des courses, le Sénégal a fini 37e mondial parmi les 47 nations recensées. Et aurait même pu finir à la 30eposition de cette compétition disputée dans le Pays Basque français s’il y avait dans ses rangs une section féminine. Ce qui a fait que les organisateurs ont retiré d’avance des points au Sénégal. En effet, le règlement des World Surfing Games proscrit la participation des pays dépourvu d’une section ondine (dames) associée à celle masculine. En cas d’infraction à cet alinéa du règlement, des points sont de facto retirés aux «récalcitrants». Comme ce fut le cas pour le cas à Biarritz.

Qu’à cela ne tienne! Car les notes positives pour le Sénégal à ces World Surfing Games de 2017 font légion. Et les perspectives s’annonces idylliques également pour la nouvelle Fédération sénégalaise de surf (Fsf) présidée par Alexandre Alcantara «Alex».

Le Sénégal en digne ambassadeur africain

Sur les vagues de Biarritz comme hors des eaux, le rayonnement sénégalais a été total à ces World Surfing Games de 2017. Du volet culturel à la légendaire hospitalité sénégalaise, la face du monde a découvert les merveilles venues de Dakar. Le Dtn du surf sénégalais Yan Dagassan de narrer : «Cette Coupe du monde fut une aventure extraordinaire pour nous. Et nous avons été les dignes ambassadeurs de l’Afrique. La culture sénégalaise était dans toute sa splendeur au moment de la cérémonie d’ouverture officielle de la compétition. Comme durant tout le tournoi, du reste. Le Sénégal s’est vraiment fait remarquer. De par nos tenues traditionnelles arborées, les Djembés en bandoulière, nous nous sommes faits remarqué mieux quiconque».

Ce volet culturel exhibé, le Sénégal a fait dans la foulée les choux gras de la presse française. Les responsables sénégalais ont fait le buzz dans les journaux et émissions télévisuelles de l’Hexagone. Du coup, les riders et responsables fédéraux sénégalais ont été l’objet de beaucoup de reportages. Rien de mieux pour une bonne publicité du Sénégal et de ses planches.

Sur les vagues, les «Lions» n’ont pas été ridicules

Les conditions de compétition étaient particulièrement difficiles et la nature des vagues différente de celles connues au Sénégal. Sans oublier la fraîcheur ambiante à la limite même glaciale avec un thermomètre qui affichait parfois jusqu’à 15 degré. Du coup, les «Lions» ont été désavantagés surtout que les rafales de vent étaient violentes et le soleil se faisant désirer.

Yann Dagassan élucide : «Vraiment les conditions étaient difficiles pour nos jeunes athlètes. Les vagues étaient médiocres. Il fallait donc surfer autrement pour nos riders. Avec plus de vitesse et des figures exécutées de façon plus rapide. Le style de surf de nos riders a changé pour s’adapter à une nouvelle physionomie différente celle de Dakar».

N’empêche, les «Lions» n’ont pas été ridicules. Et ont même pu faire des prouesses au point d’atteindre les objectifs fixés d’avance par la Direction technique nationale. C'est-à-dire d’atteindre ou franchir au moins deux tours. Babou Guéye et Assane Mbengue ont dû recourir aux séances de repêchage pour arriver au second tour. Alors que Chérif Fall a obtenu directement sa qualif’ pour le 2 tour avant que Thierno Samb ne fasse réciter littéralement la poésie aux vagues biarrotes. En allant donc jusqu’au 3e tour.

Yan Dagassan argumente : «Pour Thierno Samb, ce 3e tour s’est effectué dans des conditions extrêmement compliquées. Et il a été aussi victime de mauvais choix pour les vagues. Le niveau était trop solide pour lui. Il fallait donc pratiquer un meilleur surf et avoir une lecture d’océan parfaite. Du coup, un problème d’expérience s’est quelque part posé pour nos 4 athlètes, dans l’ensemble. Sur les spots sénégalais, les vagues arrivent toujours du même endroit. Tel n’était pas le cas à Biarritz. Il fallait là-bas systématiquement bien anticiper et savoir bien prendre les vagues.»

Perspectives pour les «Lions»

Les World Surfing Games sont une compétition annuelle et ils préparent également les Jo de 2020 à Tokyo. Du coup, le staff technique doit d’ores et déjà s’atteler à la préparation de l’édition 2018. Pour cela, le travail doit se poursuivre avec le groupe actuel. Tout en y greffant des espoirs et remplaçants de qualité. Sans oublier la section féminine pour ne plus subir les ponctions de points inhérentes à la non-présence de femmes athlètes dans sa délégation. Le Sénégal a fini de payer cher cet impair à Biarritz.

Yan Dagassan informe: «La stratégie sera de travailler avec les filles. Renforcer également le groupe existant pour les hommes. Surtout lever des fonds financiers suffisants. Car les World Surfing Games se tiennent souvent loin de chez nous et de l’Europe. Il faudra donc dégager des fonds plus consistants que ceux déployés pour faire le déplacement à Biarritz. Et j’espère que la dynamique biarrote des athlètes sénégalais peut servir de prétexte pour amener les sponsors locaux vers notre direction.»

Souleymane SECK (jourdesport.sn)

Délégation sénégalaise à Biarritz

Athlètes (4): Babou Guéye, Chérif Fall, Thierno Samb et Assane Mbengue (capitaine)

Accompagnants (6): Yan Dagassan (Dtn), Oumar Séye (vice-président de la Fédé), René Pierre Laraise (coach) Papa Samba Ndiaye «Papé» (moniteur), Souleymane Mbengue (Sg) et Alexandre Alcantara «Alex» (président Fédération)