SPORTS EQUESTRES AU SENEGAL : Cavalier-cheval, un couple taillé sur mesure

Contrairement à la plupart des disciplines sportives, les sports équestres se particularisent par la noblesse du cheval d’une part, l’aristocratie vestimentaire du cavalier, d’autre part.

Hormis le côté festif, il y a aussi le côté spectaculaire dans le sport de façon générale. Pour le cas particulier des sports équestres (équitation et dressage, entres autres), ce sont deux êtres qui entrent en piste à savoir: un cheval et un cavalier.

Le cheval, quel que soit alpha est toujours nickel. Propre, tressé, peigné et avec parfois des protégés aux pieds. Si l’animal peut être aussi élégant de la sorte, pourquoi pas l’homme qui monte dessus ? Ne serait-ce pour un signe de respect envers le cheval et ceux qui viennent voir le spectacle tout en laissant derrière leurs préoccupations habituelles.

En effet, rien que pour le plaisir des yeux, le cavalier se doit d’être bien habillé à l’occasion d’une compétition équestre donnée. Surtout qu’un jury se dresse en face tout comme des hommes de pistes. Et tous ces gens-là travaillent pour le couple cavalier-cheval.

Ancienne star du jumping sénégalais, Mamadou Ndao de poétiser sur l’élégance dans les pistes : «Le concours hippique est une compétition comme au football où onze joueurs d’une équipe arbore des tuniques identiques, tout en étant nickel. Pourquoi pas nous les cavaliers? Nous encore plus d’ailleurs car nous montons sur un animal noble béni par Dieu et les hommes. L’exemple des mythiques chevaux que sont Alburaq et Pegase qui ont existé depuis la Nuit des temps. Le cheval donc ne date pas d’hier. Le prophète Mahomet (Psl) a monté, tout comme le Christ. Et tous les grands hommes de ce monde ont toujours un cheval à côté d’eux. C’est vous dire que le cheval n’est pas n’importe quel animal.»

Pour en revenir au cavalier, sa recette vestimentaire est rigoureusement définie en direction d’une compétition officielle. Avec des bottes bien cirées, culotte blanche, chemise blanche, cravate blanche et veste de couleur sombre (grise, noire, marron, voir rouge-bordeaux, entre autres). Un exercice de port dans lequel excelle de nos jours, Gora Seck, Yasser Aïdibé, Babacar Niang, entre autres.

Mamadou Ndao d‘élucider : «Les vieilles marmites font les meilleures sauces. Yasser et Gora sont des anciens. Et tous les deux ont été champions du Sénégal seniors à plusieurs reprises (3 fois pour chacun, Ndlr). Babacar Niang, quant à lui, est un jeune dans le concours hippique. Et à l’Asfa, en étant gamin, il a assisté à des concours. Donc il sent et il voit. Babacar sait ce qu’il faut faire et il le fait bien. Avez-vous vu Papa Seck (ancien Dtn et Sg de la Fédé) en concours? L’élégance et la classe sont toujours au rendez-vous avec lui.»

LA JEUNE GENERATION PEU REGARDANTE

Et de poursuivre pour déplorer le peu d’importance accordé à l’habillement par la nouvelle génération équestre du Sénégal. Une situation imputable quelque part à l’ancienne génération, selon lui. Ndao argumente : «Si la nouvelle génération n’est pas trop regardante par rapport à l’élégance sur les carrières, c’est la faute à l’ancienne génération. Car ce sont nous qui enseignons les jeunes. Et on devrait commencer par le côté de l’élégance dans notre pédagogie. Il faut nécessairement ce gramme de noblesse pour celui qui monte.»

Vivement donc que ce gramme de noblesse irrigue les veines de certains jeunes cavaliers. Et ne meure point dans nos pistes. Car quand on monte à cheval, on regarde forcément tout le monde d’en haut. Et l’élégance devient alors une denrée importantissime!!!

Souleymane SECK (jourdesport.sn)