TRAGEDIE DU STADE DEMBA DIOP : De la nécessité d'une enquête à terme

L'agenda des hommes, quel que soit leur niveau de conception, reste au stade d'hypothèse quant à leur réalisation, tant que l'autorisation divine n'est pas accordée. L'adage se complaît le plus souvent dans sa boutade « l'homme propose, Dieu dispose ». La fatalité ou le « yalla ko bouguè nonou » chez nous au Sénégal, ne sont que des arguties dans nos tentatives laborieuses de justifier nos insuffisances, pour finalement éluder les vraies questions que la réalité nous posent presque quotidiennement.

L'actualité aujourd'hui c'est sans conteste la tragédie du stade Demba Diop qui s'est abattue brutalement sur le Sénégal au travers de sa communauté football. Abasourdis, hébétés, meurtris, consternés, malheureux...morts. Est-ce donc la fin ou seuls les morts sont en paix ? Quid donc des survivants pour honorer les victimes dont les seuls torts c'est d'avoir voulu rêver éveillées, afin de participer en toute innocence, en toute naïveté à une fête promise belle. Par et pour respect à nos morts, par et pour respect à notre avenir nous devons répondre aux multiples questionnements conséquemment à cette tragédie pour que jamais plus elle ne revienne comme l'assassin sur les lieux du crime.

 

 Les différentes décisions arrêtées avec effet immédiat ne peuvent et ne doivent ralentir ou freiner l'enquête ordonnée en très haut lieu et déclinées suivant les échelons selon les responsabilités propres à chaque domaine impliqué. En somme, tous les acteurs directs ou indirects, actifs ou passifs devront librement ou sous contrainte éventuellement faire face à leurs responsabilités. Un regard sur un passé récent ou éloigné renseigne à suffisance sur des faits identifiés mais qui à la longue sont tombés dans le monde des énigmes complexes voire compliquées, impossibles à résoudre et finalement jetées dans les méandres de l'amnésie pour l'éternel oubli. Aujourd'hui le football offre malheureusement le support de cette actualité qui s'est manifestée dans d'autres domaines politique, religieux, social, n'épargnant aucune catégorie professionnelle, aucune classe sociale. Hélas là où le « MASSELA » passe...!

Devront nous continuer cette fuite en avant; c'est à dire cette stratégie d'évitement soulignée par les psychologues et les sociologues comme attitude dans le cas de résolution d'un conflit ? Pourquoi refusons nous de guérir de nos maux et d'éradiquer à jamais ce cancer appelé « MASSELA » et dont les métastases se répandent sur les générations que nous constituons ou que nous sommes en train de constituer ? En vérité nous avons le remède et nous savons comment appliquer la cure de thérapie Seulement nous manquons de courage. Nous nous cachons dans nos égos, défendant avec cupidité nos intérêts, quitte à être injustes voire simplement des voyous sans scrupules, donc bêtement méchants. Les procédures enclenchées, j'en suis convaincu, peuvent et doivent résoudre cette équation quel que soit le nombre des inconnues identifiées.

 Il s'agit :

- de respecter l'expertise de nos enquêteurs reconnus au travers des multiples missions effectuées au Sénégal et à l'étranger;

- de ne placer aucun dossier ou fichier sous le coude permettant aux enquêteurs d'avoir les coudées franches

- d'auditer et d'auditionner toutes les parties impliquées : décideurs, exécutants, personnels d'appoint,

- d'auditer les dispositifs et stratégies utilisés

 - de déterminer la durée de l'action à diligenter, comme indiqué par Monsieur le Président de la République (2 mois)

- de focaliser l'attention du football sur l'Enquête

- de convaincre les autorités du Sénégal, de la CAF et de la FIFA de la nécessité de renvoyer sine die l'assemblée générale de la fédération sénégalaise de football. Je pense que le centre d'intérêt s'est déplacé ; l'assemblée générale n'est plus l'actualité, la tenir dans cette ambiance ajouterait à la confusion.

Il ne s'agit nullement de geler ou suspendre les activités fédérales. Le déroulé des agendas internationaux ne sont évidemment pas en cause. Le respect de nos engagements relativement à la CAF et à la FIFA reste de mise. Ce match au format spécial sénégalo-sénégalais est décisif. Il nous faut le gagner dans l'intérêt supérieur des protagonistes: le Sénégal face au Sénégal. L'enjeu mes frères sénégalais c'est d'être dignes et fiers et " rester debout devant l'Afrique rassemblée" et le monde.

MOUSSA NDIAYE

INSTRUCTEUR RÉGIONAL FIFA EN ENTRAÎNEMENT ET EN GRASSROOTS

PRÉSIDENT DE L'ASSOCIATION DES EDUCATEURS ET ENTRAINEURS DE FOOTBALL DU SÉNÉGAL