GENERAL MANSOUR NIANG - BASKET : Un leader de groupe sous les paniers

  • Sa vie de footballeur aurait pu être belle, mais c’est dans le basket que le Général Mamadou Niang s’est fait  un nom. Mais l’armée fut trop prenante pour lui permettre de s’épanouir sous les paniers.
  • On l’a connu général de brigade de la gendarmerie nationale. Ce qu’on ignore de lui, c’est peut-être son cursus sportif. Dans ce cadre, peu de gens savent que dans les années 1960 Mansour Niang faisait partie des meilleurs meneurs de jeu du basket-ball sénégalais. «C’était un surdoué dans l’organisation et le développement du jeu, doublé d’une bonne technique de balle des deux mains. Il rayonnait de talent, de tempérament et d’engagement. Il était le meilleur de nous tous», fait remarquer Mamadou Sow, ancien Dtn de ladite discipline et ex-coéquipier de Mansour Niang au collège moderne Blanchot (devenu lycée Faidherbe) et à l’Olympique saint-louisien.
  •  Entre Mansour Niang et le basket, c’est une vieille histoire. Une histoire de circonstance qui eut pour cadre son village natal de Joal, où il a vu le jour le 29 octobre 1946. «C’est par un coup de hasard que je suis venu au basket. J’aurais pu être un footballeur de talent, mais une grave blessure au tibia droit me fera virer au basket. C’était sous l’influence de feu François Bob (Ndlr : ancien ministre de la Jeunesse et des Sports) qui était alors instituteur dans la localité. On avait un garage pour salle de basket, des rôniers transformés en panneaux et des cerceaux servant de paniers…»
  • On était en 1957 et le basket ne le quittera plus. Lorsqu’il débarque au collège moderne Blanchot au mois d’octobre 1959, l’histoire continue. L’équipe cadette du collège lui ouvre ses portes et les trophées s’empilent. Année après année, jusqu’en sénior au lycée Faidherbe, où il triomphe par forfait l’équipe de l’Université de Dakar dont les étudiants étaient en grève, le chemin est presque sans accroc. «Nous étions heureux de voir les choses se passer ainsi. D’autant plus que l’équipe universitaire renfermait en son sein de talentueux basketteurs comme Bouba Ndiaye, feus Jacques Fowler et Ousmane Ndiaye «Caporal», etc.», lance-t-il.
  • Cette période à Saint-Louis fut également celle où, en 1965, il signa à l’Olympique saint-louisien, une petite équipe dont les joueurs de talent finissaient souvent à La Saint-Louisienne ou à l’Avenir. «Nous avions dans cette équipe, deux Américains du corps de la paix, John et Carl, qui nous apportaient de l’enthousiasme dans le jeu, en plus du sérieux et de la rigueur dans ce que nous faisions»,  note Mansour Niang.
  • C’est dans cette période qu’il a été appelé en 1965 par la direction technique nationale, pour aller suivre un stage de perfectionnement à l’Institut national des sports de Paris, en compagnie de quatre autres monstres sacrés de la balle orange : Moussé Narou Ndiaye, feu Cheikh Fall «Daguitt», Doudou Leydi Camara et Boubacar Traoré. «Chacun de nous avait un travail spécifique de préparation, sous la supervision de professeurs attitrés. A terme, j’en étais arrivé à avoir une excellente détente verticale malgré ma petite taille (Ndlr : 1, 79 m pour 72 kg). Sans oublier une bonne technique sur les tirs à mi-distance».
  •  C’est à Saint-Louis (1960-1966) qu’il apprit à jouer dans des structures organisées, mais c’est au Duc, entre 1967 et 1969 que Mamadou Niang gravit les échelons. Notamment une convocation en équipe nationale B du Sénégal, pour préparer la relève. Chef de file de l’équipe estudiantine que pilotait feu-Alioune Diop, il participa aussi en 1969, à Freetwon (Sierra Leone), aux Jeux olympiques universitaires de l’Afrique de l’Ouest. «A l’issue des matches de poules, nous avions rencontré en finale le Liberia qui nous menait alors de 6 points d’écart, à trois minutes de la fin du temps réglementaire. Quand Lune m’a fait entrer, j’ai eu quatre interceptions sur le meneur adverse que j’ai transformé en paniers. Au final, on gagne avec un écart de deux points.»
  •  De retour à Dakar, Mansour Niang qui venait de réussir à son examen pour la préparation d’entrer à l’école de Saint-Syr d’Aix-en-Provence fit ses bagages. Mais le basket ne le lâche toujours pas et il continue à vivre sa passion au sein de l’Asptt de la dite ville qui évoluait en Division régionale.
  • Cela durera jusqu’à son retour au bercail. Avec le grade de lieutenant il se retrouve à servir à l’Escadron de reconnaissance (devenu Bataillon blindé), de 1974 à 1976. Dans l’équipe de la Zone ouest, il continua à assouvir sa passion. C’est quand il quitte l’Armée en 1979, pour la gendarmerie nationale qu’il finit par tourner le dos au basket.
  • On se souvient qu’il fut aussi arbitre puis entraîneur, en 1968, de la grande équipe de l’Association sportive et culturelle d’Air Afrique (Ascaa) des Angélique Niang, des jumelles feus Caty et Aïda Diagne (basketteuse du siècle), etc. Et son regret le plus profond, c’est de n’avoir pas continuer dans cette famille qui fut sienne, alors que les obligations professionnelles l’appelaient ailleurs. 
  • Mamadou Pascal WANE (jourdeport.sn)
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  • LE GENERAL DU CNBS
     
  • En dehors des terrains de basket, sa vie a été dédiée à l’Armée et à la Gendarmerie nationale. Mansour Niang a exercé plusieurs fonctions de responsabilités au niveau de la sécurité territoriale et au palais présidentiel où il a été gouverneur entre 1996 et 1999.
  • Ayant intégré l’armée en 1974 avec le grade de lieutenant, après sa formation à Saint-Syr à Aix-en-Provence, il la quitte en 1979 pour prendre la direction de la Gendarmerie nationale au niveau duquel il a eu à commander plusieurs compagnies régionales à travers le pays. Mais il eut aussi à commander le groupement confédéral, en étant chargé par ailleurs de la sécurité du président Daouda Diawara.
  • Elevé général de brigade le 1er octobre 2006, parti à la retraite le 29 octobre de cette même année, Mansour Niang est père de deux garçons et de trois filles. Babacar (36 ans) et Habib (33 ans) sont adeptes du basket, mais ils vivent tous les deux en Europe. Leur papa, lui, continuait de  novembre 2013 à juin 2015, de donner encore un coup de pouce à la discipline. Il était le 1er vice-président du Comité de normalisation du basket sénégalais.
  • M.WANE  (jourdeport.sn)